Éoliennes au Lomont (25) : où sous le couvert d’énergie renouvelable, les êtres vivants doivent mourir en silence !



Un peu d’histoire

En 2002, deux projets ambitieux de fermes éoliennes voient le jour sur les crêtes du Lomont et du crêt Monniot élaborés par la société EOLE-RES. Mais il faudra attendre le mois de septembre 2004 pour avoir accès au dossier complet de ce projet lors de l’enquête publique. Précédemment, la CPEPESC avait contacté la société EOLE-RES afin d’avoir accès aux études réalisées sur les chauves-souris en raison des risques menaçant ces espèces face aux fermes éoliennes. Or l’enquête publique nous confirma les déficiences de l’étude d’impact et de ce dossier (cf. Pollustop n°92 - Décembre 2004). A la suite de cette enquête, la société EOLE-RES nous contactait au sujet de nos remarques lors de l’enquête publique et envisageait de faire mener un suivi post-installation sur les chiroptères.

Permis de construire accordés !

Alors que les permis de construire étaient accordés par la Préfecture du Doubs le 22 février 2005, la CPEPESC participait les 7 et 8 avril dernier à Châlons-en-Champagne (Marne), à un séminaire sur le thème "Eoliennes, oiseaux et chauve-souris, quels enjeux ?" organisé conjointement par la LPO et le CPIE du Pays de Soulaines avec le soutien du Conseil Régional, de l’ADEME et de la DIREN de Champagne-Ardenne dressant un état des lieux sur les impacts (dérangements et mortalités) et la cohabitation avec les éoliennes.

Grâce à la participation d’experts allemands, le constat des impacts sur les chiroptères a été de nouveau démontré tant du point de vue de la perte des territoires de chasse que des collisions. Si le type de machines ne semble pas emporter d’effets sur le nombre de collisions, leur implantation est en revanche un facteur déterminant : en Brandebourg, 77% des cadavres ont été trouvés sous des éoliennes situées à moins de 50 mètres de boisements ou de haies. Comparé au dramatique bilan du parc de 44 éoliennes des Appalaches dans l’Etat de Virginie (Etats-Unis) qui s’élève à 475 cadavres découverts entre avril et novembre 2003, l’exemple allemand vient confirmer l’impact des éoliennes sur les populations de chiroptères.

M. Lothar BACH (expert allemand) a même conclu sa présentation en précisant qu’il fallait aujourd’hui exclure les parcs éoliens des zones forestières et que sur les parcs à problème existants, il convenait désormais d’interrompre leur fonctionnement pendant la période principale de passage des migrateurs (mois d’août), période de plus grande sensibilité des chauves-souris (85 % des cadavres ont été découverts entre mi-juillet et fin septembre en Brandebourg).

Or, le projet de parc du Lomont prévoit d’implanter 15 éoliennes quasi exclusivement en zone forestière. La CPEPESC envoyait donc fin avril (avec copie à la DIREN Franche-Comté, ADEME Franche-Comté et Conseil Régional Franche-Comté) un courrier à la société EOLE-RES pour lui apporter ces nouvelles informations en demandant expressément en raison des risques par rapport aux chiroptères la mise en place d’un suivi post-installation en raison de la présence des 15 éoliennes au cœur du massif forestier du Lomont.

Le 2 mai, Monsieur LAURENT (Société EOLE-RES) proposait une rencontre pour étudier conjointement le contenu et les modalités de mise en place d’un protocole de suivi post-installation des chiroptères dans le cadre du projet éolien du Lomont.

Où en sommes nous ?

Le 2 août 2005, une réunion entre la CPEPESC et la société EOLE-RES a eu lieu permettant de discuter du projet en l’état. La CPEPESC avait donc proposé durant l’automne 2005 à la société EOLE-RES un projet d’études complémentaires pour l’année 2006 permettant d’avoir un pré-diagnostic plus complet (notamment sur les périodes automnales) que celui réalisé par le bureau d’études CERE.

La société EOLE-RES n’a pas donné suite …

Il n’y aura donc probablement pas d’études complémentaires sur la fréquentation du site. La CPEPESC va suivre ce dossier de près afin de s’assurer de la mise en place du suivi post-installation en fonction des recommandations du groupe de travail de la S.F.E.P.M. (Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères). Le seul suivi mené en France à Bouin (Vendée) révèle près de 20 chauves-souris tuées par éolienne et par an donnant ainsi un impact non négligeable. A suivre …