3. Echolocation


Des visiteurs de la nuit

La chauve-souris rappelle son existence dès la tombée de la nuit. Son vol apparaît souvent incertain comme interrompu : ce comportement vient de la chasse continuelle qu’elle mène aux insectes.


Une des interrogations les plus difficiles à expliquer concernait la faculté des chauves-souris à se déplacer et à se repérer dans l’obscurité. Lazzaro Spallanzani avait émis en 1794, l’idée d’un sixième sens. Il fallut attendre Hartrige, mais surtout l’américain B. Griffin en 1941 pour savoir que ce sens appelé écholocation repose sur un principe proche de celui du radar.

Un appareil auditif modèle de perfection

Chaque espèce a mis au point son système d’émetteur-récepteur. Les fréquences d’émission varient suivant les espèces de 10 kHz à 120 kHz. La tête dotée d’appendices sophistiqués permet d’émettre et de diriger les ultrasons. Les oreilles jouent le rôle de réception et décryptent les informations renvoyées par l’écho des ultrasons.

Chez les chauves-souris, on peut distinguer deux types d’émissions sonores produit par le larynx :

- des signaux FM de fréquence modulée typique chez les Vespertilions. Ces signaux émis par la bouche (et quelquefois par les narines) sont d’une durée de 1 à 5 millièmes de seconde.

- des signaux à fréquence constante qui sont l’apanage des Rhinolophidés. Ces chauves-souris, grâce à leur "feuille nasale" en forme de fer à cheval, émettent des sons au travers des narines. Ceux-ci sont focalisés par la conque de leur protubérance nasale. La durée de ce genre de son peut atteindre 65 millièmes de seconde.

La succession de ces cris oscille entre 10 et 100 signaux par seconde. Leur intensité est prodigieuse ; à distance égale, elle est supérieure à celle que l’on peut enregistrer à proximité d’un marteau piqueur, mais ces sons restent inaudibles pour l’espèce humaine. Non audible pour l’oreille humaine, l’identification des chauves-souris par les ultrasons est possible grâce à des appareils sophistiqués : les détecteurs à ultrasons.