Directive Reach sur les substances chimiques : Le sens de l’intérêt général perdu par le Parlement européen !



Les eurodéputés sont plus sensibles au lobby des industries chimiques qu’à la santé de leurs électeurs.

Jeudi 17 novembre 2005, le texte de la directive Reach (enRegistrement, Evaluation et Autorisation des substances CHimiques) n’a été voté qu’après avoir été amendé à outrance jusqu’à devenir une coquille vide !

C’est-à-dire l’occasion ratée de mettre enfin en place une procédure obligatoire d’enregistrement d’informations précises sur plus de 30 000 substances chimiques qui sont élaborées, circulent et sont utilisées actuellement dans les pays de l’union européenne sans véritable contrôle.

Les masques tombent. Le lobby industriel chimique européen - soutenu par les gouvernements - a démontré toute sa puissance sur des eurodéputés en grande partie « sous contrôle » en livrant une farouche guerre d’obstacles à une réglementation qui, selon eux, menace leurs activités mais en fait leurs profits éhontés et réalisés sur le dos de l’insécurité sanitaire et de l’environnement.

Près de 6.000 amendements, dirigés contre le projet de directive Reach, ont ainsi été déposés !

Le lobby chimique ne veut surtout pas que se mette en place un registre européen des substances et de leur dangerosité.

Ce lobby se moque éperdument de l’intérêt des citoyens européens et plus encore de celui des générations futures.

Une fois encore l’intérêt d’un lobby a primé sur l’intérêt général des citoyens. Qu’importe que se multiplient cancers ou leucémies face aux profits à court terme.

Après cette occasion ratée, certains pour sauver la face, parlent de compromis parce que la directive votée - du moins ce qu’il en reste - prévoit la mise en œuvre du principe de substitution. C’est-à-dire que l’industriel aura l’obligation de remplacer une substance dangereuse par une autre moins nocive, si elle existe. Mais sans registre obligatoire des substances cette obligation risque bien de n’être que lettre morte !

Faudra t-il attendre qu’éclatent de graves problèmes environnementaux ou sanitaires (bioaccumulation des produits chimiques dans les être vivants) à l’image du scandale de l’amiante, pour que les eurodéputés retrouvent enfin le sens de l’intérêt général ?


Officiellement selon la C.E., le projet initial REACH devait coûter environ 2,3 milliards d’euros à l’industrie chimique européenne, (à peine 0,05% de son chiffre d’affaires annuel !).

En contrepartie la C.E. estimait que cela entrainerait une économie d’environ 50 milliards de dépenses de santé en 30 ans en raison de la réduction du nombre des cancers et autres maladies.