Deux amis de la forêt de Guyane, assassinés. Une information que les médias ont du mal à diffuser !



L’association Arataï a fait connaître au réseau associatif le décès par mort violente de deux piroguiers-charpentiers, M. RIBAMAR da SILVA Domingos et M. SAAKIE Andoe, agents qui travaillaient sur le camp d’éducation à l’environnement Arataï, de la réserve naturelle des Nouragues (situé à 5 heures du bourg le plus proche en pirogue) situé le long du fleuve Approuague.

C’est une animatrice de la réserve, qui a découvert le jeudi 18 mai 2006 les corps des deux hommes ont été assassinés par balles. Une enquête est en cours, selon la préfecture, afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame. On a appris également que les locaux du camp avaient été cambriolés…

La Guyane terre de non-droit et de l’orpaillage

La Guyane, département français, où depuis 2000, ce territoire est devenu une terre de non-droit, conséquence direct de l’orpaillage clandestin qui est pratiqué en Guyane au détriment des lois françaises et

- des hommes qui y travaillent dans des conditions lamentables (souvent des Noirs-marrons, des surinamais ou des brésiliens dont beaucoup en meurent..),

- des civilisations amérindiennes qui vivent essentiellement du poisson qui sont aujourd’hui de véritable réservoir à mercure (le mercure est utilisé pour alourdir l’or et ainsi en faciliter son extraction mais une grande partie finit dans les rivières), et au détriment de l’environnement, un chantier d’orpaillage c’est des hectares et des hectares de forêt et de terre qui finissent en CO2 et dans les rivières.

Ces pratiques sont dénoncées depuis quelques années (certains journalistes y ont même perdu la vie) mais ne sont pas entendues parce que la Guyane doit être considérée comme un territoire « idéal » par les « grands opérateurs économiques » qui voudraient y lancer des satellites.

Or, la semaine dernière, deux agents de la Réserve naturelle de Nouragues ont été tués par balle dont un d’une balle dans la nuque ! Cet agent est mort parce qu’il devenu normal en Guyane d’utiliser son arme pour voler un téléphone, un moteur !

Et le mobile avancé, pour l’instant, est le vol de moteurs des pirogues, d’un poste radio et d’un téléphone satellite !

Le lieu du drame est proche d’un camp scientifique du CNRS, situé également dans la réserve naturelle, et dédié à l’étude des écosystèmes de la forêt tropicale. Et, la dizaine de chercheurs qui y séjourne doit être évacuée dans la semaine pour des raisons de sécurité.

Les Nouragues constituent la plus grande réserve naturelle de France, s’étendant sur 100.000 hectares de forêt primaire. Des chantiers d’orpaillage clandestin sont régulièrement signalés dans cette zone depuis 2001.

Le silence des médias ?

Or, cette information peut banale n’a pas été médiatisée, parce que pour des « sous », la France et l’Europe se permet de détruire la forêt amazonienne en faisant la leçon aux autres pays utilisateurs de la forêt la plus belle et la plus grande du monde. Les chercheurs de la station CNRS de cette réserve vont être évacués et ainsi, personne ne mettra plus les pieds dans ce secteur pour quelques temps et justement c’était une des dernières zones convoitées par les orpailleurs clandestins qui étaient encore à peu près préservées.

Il reste du travail pour arrêter l’érosion de la biodiversité d’ici à 2010 !