Détecteurs de métaux et pillage : Le patrimoine archéologique national est en danger, dénonce un rapport du Conseil national de la recherche archéologique (CNRA).



A la suite du pillage du site archéologique de Noyon (Oise), survenu dans la nuit du 8 au 9 février 2010, Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication (MCC), a demandé au Conseil national de la recherche archéologique (CNRA) de constituer un groupe de réflexion afin de lui fournir une série de propositions susceptibles d’améliorer durablement le dispositif de protection du patrimoine archéologique face à cette menace (communiqué de presse du 15 février 2010).

Le site de Noyon a été pillé alors qu’un diagnostic archéologique était en cours de réalisation par une équipe de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (INRAP). La détérioration des niveaux archéologiques et la disparition des objets de Noyon représentent une perte définitive et irrémédiable pour le patrimoine national. Ce pillage n’est malheureusement pas un cas isolé ; il est seulement plus visible que d’autres, pratiqués quotidiennement sur des sites, qu’ils soient identifiés ou encore inconnus de la communauté des chercheurs, en cours d’exploitation scientifique ou non. Il révèle des pratiques de plus en plus fréquentes, liées d’une part à l’augmentation du nombre d’utilisateurs de détecteurs de métaux sans autorisation de l’État (articles L. 542-1 et L. 542-2 du code du patrimoine) dans notre pays et d’autre part à une application insuffisante de la loi.

Le patrimoine national connaît une menace sans précédent dans son histoire. Même si cela sonne comme une évidence, il faut rappeler que les données archéologiques représentent une ressource finie qui n’est donc pas inépuisable et que la recherche des objets archéologiques en tant que telle n’est pas une fin en soi.

Il est urgent de renforcer la vigilance à tous les niveaux pour préserver ce qui peut l’être encore. Comme dans d’autres pays du monde, la lutte contre la détection illégale représente en France un enjeu majeur pour la préservation du patrimoine archéologique et historique.

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Le groupe de travail du CNRA, réuni à plusieurs reprises au cours de l’année 2010 pour réfléchir à cette question, pose dans son rapport plusieurs constats, assortis de dix propositions concrètes, adaptées à différents niveaux de la chaîne opératoire de l’archéologie française, qui pourraient permettre d’enrayer des destructions irréparables.