Désherbage chimique à Mersuay (70) ou l’inconscience d’une municipalité !



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La CPEPESC a récemment constaté que la commune de Mersuay avait eu recours à l’emploi d’un désherbant chimique, probablement à base de glyphosate (*), pour traiter de très nombreux accotements de chemins forestiers et autres voies de défruitement du territoire communal.

Plusieurs kilomètres de voies et chemins sont concernés,

à l’intérieur du Grand Bois de Revreuge ou encore dans des milieux ouverts au lieu-dit les Moyeures par exemple (voir ci-contre). Ces zones font partie intégrante du périmètre Natura 2000 de la Vallée de la Lanterne et à ce titre on aurait apprécié que la commune se sente plus concernée par les enjeux environnementaux (biodiversité, qualité des eaux, etc.).

Mais cette gestion radicale n’est pas plus tolérable sur des milieux ordinaires, et l’on ne comprend guère pour quelles raisons la municipalité de Mersuay s’est livrée à cette campagne systématique de ratissage chimique des bords de chemin. Question de facilité ? Ou volonté d’écouler des stocks ? Voire les deux ?

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Quelle mouche a donc piqué la municipalité pour faire usage ainsi d’un biocide dans d’aussi grandes proportions ?

C’est en tout cas un non sens écologique, mais aussi économique, alors que les communes doivent s’attacher aujourd’hui plus qu’avant à conduire une politique de développement durable dictée par une volonté européenne de veiller à la non dégradation de la qualité des eaux, alors qu’à l’échelon supérieur, sur la voirie départementale ou nationale, le recours au désherbage chimique n’est plus pratiqué ou de manière ponctuel, alors qu’il existe des méthodes alternatives aux produits phytosanitaires, alors qu’enfin la pulvérisation chimique ne s’imposait pas sur des secteurs qui avaient été fauchés… quelques jours auparavant.

Depuis lors, le maire s’est engagé à ne plus recommencer à l’avenir. Dont acte ! Mais il faut aller plus loin, le conseil municipal se doit désormais d’être exemplaire en s’engageant à gérer de façon différenciée ces bas-côtés par une simple fauche annuelle et tardive, voire une fauche bisannuelle aux abords de certains d’entre eux pour conserver un aspect plus naturel aux chemins favorisant la biodiversité.

Ce serait une juste compensation et une façon honorable de montrer qu’une autre gestion, plus compatible avec l’intérêt général, est possible à Mersuay.

La qualité de notre environnement est l’affaire de chacune et chacun d’entre nous, collectivités mais aussi et surtout particuliers. Il sera donc important dans les prochains mois pour le conseil municipal de communiquer en ce sens auprès de la population afin d’expliquer ce choix à la fois économique et écologique.


(*) Le glyphosate est la substance active du Roundup, désherbant développé par le groupe Monsanto dont la publicité mensongère vantait son innocuité. De récentes études ont en réalité montré que le glyphosate était, entre autres, un perturbateur endocrinien.