Des petits malheurs financiers des hommes, à l’agonie de la Nature ...


Dans ce période de crash financier, survenant au lendemain du marché de dupes du Grenelle, il serait peut être enfin temps d’ouvrir les yeux sur les orientations ploutocratiques irresponsables de notre humanité dite moderne.

Aujourd’hui affairistes et businessmen en viennent jusqu’à vendre les cordes pour se faire pendre : ils polluent depuis trop longtemps les esprits et conduisent notre planète à la dérive. Ce n’est pas faire de la politique que le constater ; ou, c’est peut être cela faire de la vraie politique !

Nous avons reçu, le mail ci-dessous. Nous l’avons repris parce qu’il exprime courageusement bien la problématique. L’humanité à se trouve à la croisée des chemins...


« Les petits malheurs des hommes et l’agonie de la Nature.

Le système économique et social régnant, non pas en Occident mais sur la terre entière, correspond merveilleusement à l’une des tares de l’animal humain : la cupidité.

Elle est à l’homme ce que le vol est à l’oiseau et la prédation aux félins. Le dogme fondant ce que d’aucuns appellent le capitalisme et d’autres le « libéral conservatisme » tient à cette aspiration naturelle de tout spécimen de l’espèce : « enrichis-toi, le plus vite possible, sans frein, sans limite, au besoin en exploitant autrui, l’espace et les autres espèces ».

Du spéculateur financier au promoteur de résidences de loisirs, de l’aménageur d’infrastructures de transports au tout petit propriétaire foncier rêvant de céder la terre de ses ancêtres en terrains constructibles, du maire agissant pour lotir et « développer » sa commune aux industriels du poison agricole, c’est la même fièvre vorace, insatiable, obsédante, universelle : faire du profit, croître, amasser, posséder .

Le système a fait de ce vice humain un moteur, le fondement d’une société farouchement individualiste, prévaricatrice, dévastatrice de tout et d’abord de toute valeur autre que l’argent.

Bien sûr, les ministres du culte ploutocratique au pouvoir célèbrent volontiers une « morale des affaires », feignent de s’indigner lorsque la presse relate un scandale de trop, fustigent avec ostentation les mauvais spéculateurs, ceux qui n’ont pas eu la chance de faire de bons coups, au bon moment.

Ils invectivent l’écume d’un océan déchaîné pour faire oublier que le scandale, l’obscénité, la pestilence viennent de leur système dans ses réussites apparentes davantage que dans ses échecs.

Les illusionnistes vont débitant que le mérite paie, que les entrepreneurs, les conquérants, ceux qui prennent des risques et génèrent de la croissance peuvent s’enrichir.

Résultat : certains massacreurs de Nature gagnent six cents fois davantage que leur salarié.

Pour ce système obscène, il advient qu’un homme en valle six cents autres.

La recherche du profit passe avant toute considération écologique, sociale, altruiste, insultant la plus élémentaire décence éthique. La crise économique pourrait-elle annoncer la chute de la religion de l’avidité et de la croissance infinie ?

Les optimistes pensent que la crise va réveiller les peuples anesthésiés, que l’insurrection salvatrice des consciences et des barricades va balayer ce monde pourrissant comme elle le fit de l’ancien régime aux heures glorieuses du passé, que le grand soir vient avec le naufrage prochain, qu’une société plus juste, moins cupide, moins cruelle sortira de la débâcle des maîtres du temps.

Hélas, il n’en sera rien.

C’est que ce système nauséabond va comme un gant à la nature humaine et au fond les victimes du système le supportent d’autant mieux qu’elles reconnaissent leurs vices dans celui de leurs exploiteurs. Les humains « d’en bas » voudraient bien pouvoir en faire autant et se rêvent « traders », capitaines d’industrie, banquiers ou pour les plus infantilisés stars milliardaires du foot, ce réceptacle de la bêtise chauvine, communautariste populiste.

Et voilà pourquoi, le système prévaricateur tiendra encore.

Dans les communes les plus rurales de ce pays, parmi les gens les plus modestes, fleurissent les plans d’urbanisme et le mitage de l’espace naturel pour permettre à de pauvres bougres de gagner, en une signature chez un notaire, plus d’argent que durant dix ans de labeur. Faut-il donc désespérer ?

Non, la catastrophe viendra et libérera la terre du grand nuisible qui la dévaste, la pille, l’assassine et qui s’imagine être d’essence supérieure. Mais pour cela il faudra attendre encore un peu pour que l’homme soit condamné à muter ou à disparaître.

Misanthropes, les écologistes ?

Non, les misanthropes sont ceux qui méprisent le processus en cours d’hominisation, ceux qui refusant cette mutation préparent l’anéantissement du vivant. Les amis de l’homme sont aussi ceux de l’arbre, de l’oiseau et de l’amphibien.

Nous optons pour la mutation c’est-à-dire pour la réconciliation avec la Nature. La loi, l’Etat, le collectif doivent mettre des freins à l’appétit égoïste et imposer la sauvegarde des milieux naturels, avec la justice sociale, l’équité et la mesure.

Arrêtons la dévastation du monde, le saccage des sites, le déménagement de la Nature, la marchandisation des animaux. Cela ne se fera pas par de généreuses déclamations à onction épiscopale mais par la force des lois et une volonté politique ».

Gérard CONDORCET le dimanche 19 octobre 2008 (*)


(*) Gérard CHAROLLOIS est président de l’association CONVENTION VIE ET NATURE POUR UNE ECOLOGIE RADICALE www.ecologie-radicale.org