Des nouvelles de la vallée de la Saône : CHALON-sur-SAONE récompensé pour son action en faveur des économies d’énergie... Mais... !



La municipalité de CHALON S/S vient de se voir récompensée pour son action en faveur des économies d’énergie. Récompense méritée. Mais l’arbre ne saurait cacher l’absence de forêt.

La réaction de la CAPEN

La CAPEN est la Confédération des Associations pour l’Environnement et la Nature en Saône-et-Loire (1 )

Comme nous le disons sans écho depuis plusieurs années, après avoir suivi tant que faire se peut l’évolution de l’environnement dans le chalonnais, force est de constater pour la CAPEN qu’il n’y a aucun signe tangible d’une évolution positive, et l’actualité récente vient au contraire nous montrer le contraire.

L’environnement, ou le développement soutenable, comme on voudra, est inscrit dans la Constitution et les lois, utilisé pour la communication, mais reste le parent pauvre de l’action politique concrète. A CHALON comme ailleurs.

Il est vrai que l’on part de loin. Ces dernières décennies, la ville a vécu des changements notoires- urbanisme, aménagement du territoire...- derrière l’écran d’une communication vantant CHALON comme une ville exemplaire du développement durable.

Complaisance médiatique ou manque de « curiosité », nous sommes en tout cas loin de la réalité. On se demande d’ailleurs sur quelles études, données officielles d’un état des lieux global se fondent ces assertions.

Car les observations de la CAPEN (1 ) montrent que nous sommes plutôt devant un vaste chantier : pratiquement tout reste à faire, dans tous les domaines du développement soutenable. En matière de protection de la nature, de transports et déplacements, de démocratie participative et d’information des citoyens, de capacités d’anticipation et de prospective...CHALON s’est jusqu’à présent contenté de quelques rustines mises en vitrine, alors que la dégradation générale allait croissant.

Nous prendrons nos premières observations dans le domaine crucial de l’eau, en ce qu’il est déjà révélateur de la situation générale. « On rappellera ici que la SAÔNE est une des grandes rivières du bassin la plus contaminée ( par le nombre de substances, la longueur du linéaire concerné - à peu près la totalité- et des concentrations relevées (...) Un long chemin reste à parcourir pour revenir à une situation normale » ( Etat des lieux adopté par le comité de Bassin le 4 mars 2005 ).

Nous avons ces derniers mois tenté d’informer les chalonnais sur les dysfonctionnements de la station d’épuration de l’AUZIN ( Association des Usagers de la Zone Industrielle Nord). De décembre 2007 à juin 2008, elle a déversé 2500M3/jours d’effluents pollués, venant s’ajouter à une pollution déjà endémique menaçant potentiellement l’alimentation en eau potable.

Après des mois de silence de la municipalité chalonnaise, du Grand Chalon, de la plupart de médias, on a appris par le JSL du 2 décembre (cahier régional Bourgogne Economie ) que l’AUZIN était ressuscitée, que c’était même un « laboratoire d’idées environnementales », qu’à terme même « la zone industrielle Nord sera exemplaire ».... Alleluia !

L’Agence de l’eau y a mis en œuvre « un programme d’actions visant à réduire des pollutions industrielles dispersées ». Langage diplomatique pour dire que depuis des lustres, la pollution industrielle n’a connu presque aucun frein et que la municipalité hérite d’un dépotoir hautement pollué.

Est-ce si difficile à dire aux chalonnais ? Pourquoi les différences instances ( Pays, Grand Chalon, Ville...) n’en parlent jamais ? Et leurs « oppositions » non plus ? On nous annonce ( même article du supplément du JSL ) qu’une cellule anti-pollution existerait à la Maison de l’Environnement. On est content de l’apprendre, mais cela amène d’autres questions : de quand date la dernière AG de cette association, et celle de l’AUZIN ? Comment sont-elles financées ? Pourra-t-on, grâce à elles, suivre les travaux en cours, en connaître l’étendue, les coûts réels, les résultats ? Savoir par exemple s’il y a eu des analyses ( eau, sédiments.. ) et quelle en est la teneur ? Est-il vrai qu’il a été recommandé aux pêcheurs du chalonnais de ne pas trop consommer de leurs poissons ?

La rétention d’information inquiète davantage que la transparence. Même silence pesant des pouvoirs publics, des collectivités, des médias sur les conséquences possibles sur la santé et l’eau potable des dragages prévus sur la Saône. A part LUX, aucune remarque pendant l’enquête publique cet été. Et depuis, malgré nos courriers. Pourtant une cellule interministérielle travaille en continu sur le problème des PCB qui polluent les sédiments de la plupart de grandes rivières de France, et il est plus que probable que ces dragages de la Saône en « relâcheront » tout en remettant en suspension d’autres polluants actuellement piégés.

Est-ce pour cette raison que l’obligation d’atteinte du « bon état des eaux » de la directive européenne, prévue pour 2015, à été repoussée à 2021 pour la Saône aval ?

Nous informons donc la municipalité que des analyses sont en cours, et que se met en place la suite du Plan Santé Environnement de la Bourgogne, incluant ces polluants. Que la commission géographique Saône se tiendra le 19 février prochain. Il faudra bien que la ville de CHALON sorte de son silence, car la CAPEN n’a pas l’intention de se contenter du mépris actuel.

Nous n’avons abordé dans cet article que deux situations précises, portant sur le seul environnement aquatique. Sans même y traiter le problème des puits de captages et de leur protection, de la disparition des zones humides et des haies, de l’état calamiteux des « rivières » du chalonnais ( Corne, Orbize, Thalie...) et de la biodiversité en général etc.. ; Est-il utile d’ajouter que, pour d’autres thèmes, transports, énergie, démocratie municipale..nous pouvons faire des constats aussi désolants ?

Aucun débat digne de ce nom n’a jamais eu lieu sur l’environnement dans le chalonnais. Aucune concertation organisée pour faire un état des lieux honnête. La même concertation que nous réclamons aux autres instances et qui n’a eu lieu, pour le moment et récemment, qu’avec les services de l’Etat et le Conseil Général.

Contrairement à la plupart des départements français, notre confédération n’a même pas de lieu pour se réunir, recevoir du public, remplir son rôle citoyen. Il serait temps de, plutôt que des discours, remettre effectivement l’environnement et la démocratie au cœur des politiques publiques. Nos associations ont des propositions à soumettre et débattre publiquement.

Thierry GROSJEAN, Président de la CAPEN.

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(1) La Confédération des Associations pour l’Environnement et la Nature en S&L est une association loi 1901, fondée en 2004, rassemblant des centaines de citoyens et une trentaine d’associations locales. Elle est membre de France Nature Environnement et collabore avec plusieurs ONG. Elle est représentée à CHALON par « Chalon Oxygène ». Elle édite une lettre mensuelle d’information sur l’environnement et l’économie sociale et solidaire.

Confédération Associative Pour l’Environnement et la Nature (CAPEN) 7 rue de la Reppe 71370 OUROUX S/SAONE Secrétariat : O.GALAN : entre-saone-et-loire@wanadoo.fr