Dans les archives de la CPEPESC : la fuite du pipeline du Jura à la CHEVILLOTTE (25) en 1985



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Dans les archives déjà anciennes de la CPEPESC et aussi dans la presse régionale de l’époque, on retrouve la relation d’une importante fuite du pipeline sur la commune de La Chevillotte (25) le 21 mars 1985 en lisière Nord du « bois de la Petite Chevillotte ».

A la suite de l’ouverture soudaine d’une longue fissure dans le métal de la conduite, un geyser de pétrole brut avait pollué 1 ha de terres labourées en rependant 1100 m3 de pétrole brut, sur un terrain légèrement en pente. La moitié des hydrocarbures s’était infiltrée dans le sous-sol.

L’endroit étant situé dans le bassin d’alimentation de la source d’Arcier, principal captage de la ville de Besançon, l’inquiétude était vive. Sur place la zone polluée était rendue totalement inaccessible et les chemins était barrés. Pour savoir ce qui se passait, il avait été nécessaire à la CPEPESC de survoler le terrain en avion !

A l’époque, où l’administration cultivait encore intensément la politique du secret, l’association était intervenue auprès de la ministre de l’environnement d’alors, Huguette Bouchardeau. Il faut dire que c’était, en France, la seconde fuite d’importance de pipeline en un mois. Une autre, rupture d’oléoduc était en effet survenu, le 21 avril 2005 à OLLAINVILLE (91)

L’association avait réclamé la création d’une commission d’enquête indépendante des exploitants. La ministre avait botté en touche arguant le fait que « l’exploitation des pipelines ne relevait pas de la législation des installations classées mais du Ministre du Redéploiement Industriel et du Commerce Extérieur » et renvoyé la balle à ce dernier.

Sur le terrain, en final, il avait été estimé par le BRGM, que 600m3 de pétrole brut, n’avaient pu être récupérés malgré la mise en œuvre d’un pompage dans un petit gouffre situé dans la pente du terrain, à 300m à l’Est, en forêt, le trou du Blaireau. Au fond de celui-ci ressortait par une fissure, une partie des infiltrations : 300m3 y furent pompées (*).

Depuis aucune trace de ce pétrole brut n’a parait-il été retrouvée à la résurgence captée d’Arcier , située à 5km plus au Nord. Le pétrole brut s’étant probablement solidifié et bloqué en grande partie dans les fissures du karst. Néanmoins, la fraction la plus soluble, et notamment les aromatiques toxiques se sont certainement retrouvés dans les eaux souterraines de façon diffuse.

Début mai 1985, des traces bien marquées d’hydrocarbures étaient visibles dans l’eau d’une petite source située à 1,5km à l’Est, au village de SAONE (25), la source de la Fontaine du Bas. A l’époque, rien n’a été fait par les pouvoirs publics pour en vérifier l’origine. Les eaux de cette résurgence se perdent en aval pour rejoindre elles aussi la source d’Arcier.

Autre source, du secteur qui n’a pas été surveillée, la source du ruisseau de Nancray, village proche. Les eaux de ce ruisseau se perdent également pour pour ressortir à Arcier.

Quant aux terrains labourés polluées, ils ont été rabotés au bulldozer et 3500m3 de terres polluées ont été évacués par camion pour être stockés près du dépôt d’hydrocarbures de Gennes. (fr.D)

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(*) A noter, que 20 ans plus tard, lors d’une visite, en 2005, au Trou du Blaireau, on y percevait dans une flaque profonde et boueuse qui en marque le fond, une nette odeur d’hydrocarbures.