Dans la série dioxines : Un comble pour un incinérateur parisien être sinistré par un incendie !



Un incendie est survenu dimanche 12 mars, dans l’ancienne usine d’incinération d’Issy-les-Moulineaux et a entraîné de fortes émissions de dioxines et métaux lourds impliquant des effets sur la santé des populations avoisinantes. Les substances émises, notamment les dioxines, persisteront dans l’environnement pour des centaines d’années et voyageront sur des milliers de kilomètres !

Le Centre National d’Information Indépendante sur les déchets (CNIID) a réagi en diffusant cette information.

Selon une étude récemment publiée de l’Observatoire Régional de la Santé en Ile-de-France (ORS), l’incinération des ordures ménagères reste la première source d’émission de dioxines dans l’environnement. Cette étude souligne la nécessité de limiter l’augmentation des volumes incinérés en accélérant notamment la mise en œuvre de politiques de réduction des déchets. Le problème est d’autant plus sérieux en Ile-de-France que plus de 6 millions de Franciliens, soit 56 % de la population, résident dans l’environnement proche d’un incinérateur.

Le préfet des Hauts-de-Seine a abrogé l’arrêté de réquisition de l’usine d’incinération d’Issy-les-Moulineaux le 22 février, entraînant sa fermeture définitive. Cet incinérateur devait être arrêté depuis le 28 décembre 2005 . Il a officiellement rejeté dans l’atmosphère, en 2004, 10g de dioxines et furannes et 1142 kg de métaux lourds. Pendant les deux mois supplémentaires de fonctionnement, aucune information n’a été donnée sur les émissions polluantes de l’usine...

Cette récente fermeture pose la question des quantités de produits polluants encore présents sur le site. En effet, c’est apparemment le système de filtration des fumées et une cheminée qui ont été principalement touchés par l’incendie, c’est-à-dire l’endroit contenant le plus de Résidus d’Epuration des Fumées d’Incinérateur d’Ordures Ménagères (REFIOM ), substances hautement toxique représentant 5 % des déchets incinérés. Les REFIOM sont stockés dans des cuves avant leur transfert en décharge de classe 1 pour déchets toxiques. Ces cuves touchées par l’incendie étaient-t-elles pleines ?

Le SYCTOM parisien a décidé de transformer ce site en quai de transfert pour les déchets ménagers. 40 % sont redirigés vers les usines d’incinération de la région et le reste dans les décharges de Claye-Souilly (77) situé à 40 km et Soignolles-en-Brie (77) situé à 60 km. Le soir de l’incendie, dans la fosse de l’usine, d’une capacité d’au moins 200 tonnes, des déchets se trouvaient entreposés. Ont-ils eux aussi brûlé ; dégageant alors dans l’atmosphère dioxines et métaux lourds ?

Centre National d’Information Indépendante sur les déchets (CNIID) tient à attirer l’attention sur une telle gestion des déchets qui met en danger les populations riveraines. La mise en place d’alternatives (compostage, recyclage) éviteraient de tels incidents.

La gestion dans l’urgence de la fermeture de l’usine fait aujourd’hui place à l’urgence de la décontamination du site ! L’effondrement certain d’une des deux cheminées de 85m entraînant un dégagement de poussières toxique en est la première. Ce site est une installation classée pour la protection de l’environnement, et son démantèlement, après des années d’émissions polluantes, aujourd’hui avérées et ayant entraînées sa fermeture, nécessite une décontamination des sols et des matériaux. Aujourd’hui au vu de tous ces éléments, les administrations compétentes ne peuvent qu’ordonner un suivi sanitaire des populations riveraines du site.


En savoir plus : - page du site du CNIID sur les incinérateurs
- page du site de Greenpeace