Citoyens engagés REFUSEZ d’être fichés par EDVIGE !



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Dans un communiqué du 1er septembre 2008, la fédération France Nature Environnement s’oppose au fichage annoncé des militants associatifs.

EDVIGE (acronyme d’Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale policier),

Par décret du 27 juin 2008, le premier ministre a créé, sans aucune concertation, un nouveau traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « EDVIGE ».

FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT s’inquiète de constater que le mouvement associatif qu’elle fédère tombe dans la ligne de mire de ce nouveau dispositif.

« Ce dispositif est choquant : le fichage généralisé et injustifié d’informations très variées organisé par le décret autorise une intrusion abusive de l’administration dans la vie privée des personnes participant à l’animation du débat public », s’inquiète Raymond Léost, vice-président de FNE en charge des questions juridiques. « Il viole tout simplement le principe de respect de la vie privée, garanti par la Convention européenne de sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales ».

Le mouvement FNE est directement concerné par les fichiers EDVIGE : les bénévoles, qui contribuent chaque jour à la protection d’intérêts généraux et enrichissent considérablement le débat public, vont en effet se retrouver fichés automatiquement.

« Comment expliquer aux membres de notre réseau que leurs activités exercés avec générosité, dans le souci des générations futures, justifient que des données automatisées les concernant fassent apparaître leurs origines raciales ou ethniques, leurs opinions politiques, philosophiques ou religieuses, leur appartenance syndicale, ou encore des information relatives à leur santé ou leur vie sexuelle ? » s’interroge Raymond Léost.

FNE considère que les fichiers EDVIGE affectent gravement les conditions d’exercice du rôle d’intérêt général joué par les militants associatifs, en faveur de la protection de la nature et de l’environnement.

Les lanceurs d’alerte méritent d’être protégés plutôt que d’être fichés et marqués au fer rouge comme des délinquants. Elle a donc demandé le ler septembre au Premier ministre, par voie de recours gracieux, d’abroger le décret du 27 juin 2008.

Il existe une pétition en ligne

contre les fichiers EDVIGE. Voir : http://nonaedvige.ras.eu.org/.


NDRL

Il n’est pas inutile de rappeler que dans la période trouble de la seconde guerre mondiale, les fichiers de beaucoup de préfectures ont contribués à alimenter les pourvoyeurs de rafles (juifs, communistes, etc...)

A cause de ces fichiers, l’administration française a été en très grande partie responsable de la déportation et souvent de la mort de très nombreux citoyens qui croyaient et faisait confiance au pays de la Liberté !

Rien ne sert de lire publiquement la lettre de Guy Moquet - fiché lui aussi - si au premier niveau de l’Etat on passe outre à un vrai devoir de mémoire en mettant en oeuvre de si détestables comportements.

Qui peut dire à quoi serviront ces fichiers demain, et après demain ?

Des recours ont été déposés

- Fin juillet 2008, Etienne Tête, adjoint au maire de Lyon, conseiller régional Verts de Rhône-Alpes a déposé le premier un recours devant le Conseil d’Etat afin d’obtenir l’annulation du décret 2008-632 du 27 juin 2008 portant création d’un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « EDVIGE » D’après « Libération », son recours se fonde essentiellement sur l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme - sur la vie privée - ainsi que sur un arrêt rendu en 2006 par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) contre la Suède. Selon cet arrêt, « un fichier n’est autorisé que sur des motifs de sécurité publique et ne doit comporter que des informations nécessaires concernant la sécurité publique ».

- Corinne Lepage, présidente du parti écologiste Cap 21, a déposé elle aussi un recours devant le Conseil d’Etat.

- François Bayrou a appelé le 1er septembre tous les élus français à participer à un "mouvement de refus républicain du fichier fichier Edvige », en appuyant un recours qu’il a également déposé devant le conseil d’Etat.

D’autres recours devraient suivre tant le « fichage » tout-azimut annoncé trouble les consciences.