Canal Saône-Moselle un vieux projet ! MIRABEL, la fédération régionale de la protection de l’environnement en Lorraine, fait part de son scepticisme vis à vis des intérêts environnementaux et économiques.



« Le 8 Octobre dernier, lors de sa visite en Lorraine, le Président de la République a remis en avant la perspective de la réalisation du canal à grand gabarit Saône-Moselle. Ce projet a pour but de relier les vallées de la Saône et de la Moselle, ce qui permettrait, soi-disant, le passage de péniches de quatre mille tonnes de la Méditerranée à la mer du nord... MIRABEL Lorraine Nature Environnement, fédération régionale des associations de Protection de la Nature et de l’Environnement en Lorraine, rappelle aujourd’hui son scepticisme vis à vis des intérêts environnementaux et économiques de ce vieux projet.

Ce projet implique la création de plus de 200 km de canalisation, la disparition de milliers d’hectares de terres agricoles, la destruction et reconstruction de dizaines de ponts routiers et ferroviaires, ainsi qu’un effet de coupure de l’infrastructure s’additionnant à celui de l’A 31 parallèle, pour un coût estimé par VNF à entre 7,6 et 10 milliards d’euros, à la seule charge du contribuable (VNF, État, Collectivités locales). La modification des équilibres hydrologiques et hydrogéologiques aurait des conséquences majeures sur la ressource en eau, d’autant plus que les prélèvements destinés à l’alimentation des biefs seraient opérés sur un réseau hydrographique de têtes de bassins versants. Le maintien des débits nécessaire aux équilibres biologiques dans les cours d’eau deviendrait très difficile, voire illusoire. En période de basses eaux le soutien des niveaux du canal serait en compétition avec d’autres usages (refroidissement de la centrale de CATTENOM, alimentation en eau potable).

Quel que soit le tracé choisi, les atteintes aux écosystèmes forestiers et aquatiques, et aux paysages, seraient très importantes, et inacceptables pour les habitants attachés à leur terroir.

Au final, l’opération ne pourrait être acceptable du point de vue de l’environnement qu’au prix de mesures préventives et compensatoires lourdes, augmentant un budget déjà colossal. Et elle ne le serait que si un trafic fluvial très conséquent déleste le couloir autoroutier d’une noria de poids lourds.

Cette dernière et primordiale condition ne pouvant, en l’état des simulations plausibles, être remplie avec une probabilité rassurante, la prudence est donc de mise pour des décideurs responsables.

Dans un premier temps, c’est sur la réduction des trafics que doivent peser les efforts de notre société afin de rationaliser les usages de l’énergie comme des ressources naturelles.

Les financements publics en matière de transports de marchandises doivent ensuite se porter en priorité sur le développement du mode ferroviaire. Ce mode de transport fiable en toute saison, rapide, proche des usagers et économe en énergie fossile représente la seule alternative actuellement crédible. Mais il a besoin de davantage de soutiens et de conviction de la part de tous les acteurs.

Entretenir et compléter les infrastructures existante, voilà des objectifs ne nécessitant pas de grands projets pharaoniques et qui seraient pourtant beaucoup plus efficaces en termes de politique des transports ».

(communiqué de MIRABEL-LNE ( http://mirabel.lne.free.fr/)