Biodiversité et orpaillage en Guyane : Il faut un engagement fort de l’Etat.



La Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable, Madame Nelly OLIN, arrive dimanche 11 mars 2007 en Guyane, notamment pour la mise en place du conseil d’administration du nouveau Parc Amazonien de ce département.

Dans un communiqué la fédération France Nature Environnement (FNE), la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme (FNH) et la Ligue Roc rappellent à cette occasion quelques priorités d’action pour l’avenir de la Guyane :

Le projet d’exploitation industrielle d’or primaire présenté par la société CBJ-Caïman, sur la Montagne de Kaw, constitue un mauvais projet pour un mauvais site. Comment penser un seul instant que soit autorisée l’exploitation d’une usine Seveso II et la réalisation d’une carrière sur un site reconnu officiellement comme zone d’intérêt écologique majeure ? Nous imaginons mal l’ouverture d’une telle activité dans un site équivalent en métropole. Pourtant une concession minière et un permis de recherche ont d’ores et déjà été octroyés !

La mobilisation autour de ce projet a été l’occasion de pointer des dysfonctionnements dans l’administration de l’activité minière, avec :

- L’absence de planification de l’exploitation aurifère. Alors qu’un schéma départemental des carrières est prévu depuis 1994 dans chaque département, la Guyane n’en est toujours pas dotée. Pourtant il permettrait d’aider à la décision et à la planification en croisant enjeux miniers et écologiques.

- L’illégalité de la plupart des exploitations aurifères actuellement « autorisées », comme l’a récemment confirmé le directeur régional de l’Industrie de la Guyane dans la presse. Des textes relatifs à la prévention des pollutions industrielles et à la protection de l’environnement datant de 1976 n’y sont toujours pas appliqués !

Un moratoire sur la délivrance des titres miniers est nécessaire pour la régularisation des exploitations en cours, jusqu’à l’établissement d’une planification de l’activité aurifère.

Seules ces conditions répondent aux exigences d’activités économiques responsables et permettront la préservation de la nature amazonienne, dotée d’une extraordinaire biodiversité, source potentielle de valorisation économique.

Elles contribueront aussi à enrayer l’orpaillage illégal. Les différentes organisations appellent à la mobilisation accrue des moyens de l’Etat pour y mettre fin.

Si les organisations se félicitent de la création attendue du Parc Amazonien de Guyane, elles resteront vigilantes quant à la rédaction de sa Charte. L’Etat doit donner l’impulsion nécessaire pour que la zone d’adhésion soit complémentaire de la zone cœur, donnant ainsi au Parc toute la réalité écologique et l’ampleur internationale attendues.

La future charte doit aussi respecter la volonté des populations amérindiennes du sud guyanais de voir assurer la protection de leurs milieux de vie et leur sécurité. FNE, la FNH et la Ligue Roc souhaitent l’ouverture de discussions pour préparer l’extension sud-ouest du périmètre de la zone cœur demandée par les populations amérindiennes et les associations de protection de l’environnement guyanaises.

FNE, la FNH et la Ligue Roc attendent un engagement fort de l’Etat pour répondre à ces questions de façon claire, urgente et précise.