BIOCARBURANTS : Le mirage du pétrole vert.
A chaque crise pétrolière le lobby agricole, nous repasse les bio carburants comme " la " solution énergétique et écologique.
Il s’agit en fait de faire du faux pétrole avec du vrai et de fausses richesses avec de vraies subventions. Le bilan énergétique, économique et écologique est très éloigné des affirmations et ce n’est pas, loin s’en faut, la solution qui me permettra de me déculpabiliser de l’utilisation de ma " bagnole ".
La CPE fait sienne l’argumentaire de Serge GRASS, (président de l’Union Civique des Contribuables Citoyens de Franche-Comté) et dont elle reproduit un extrait avec son aimable accord.
LE MIRAGE DES BIOCARBURANTS
Selon le dossier réalisé par SOFIPROTEOL, promoteur de l’idée, il est possible de produire environ 1,25 tonne de cet ersatz de pétrole par hectare. Mais il faut déduire l’énergie qui a été nécessaire à cette production et il faut 63 joules pour en produire 100, ce qui amène la production nette à 0,46 tonne par hectare ! Ce qui conduit à faire du faux pétrole avec du vrai .
Si l’on intègre cette activité dans la production agricole globale, les résultats deviennent déplorables. En effet ce genre de production est envisageable parce que des terres sont " gelées " pour limiter la surproduction agricole qui est la conséquence de l’utilisation massive d’intrants dévoreurs d’énergie par l’agriculture intensive.
En d’autres termes, il serait énergétiquement plus judicieux de diminuer les intrants et de pratiquer une agriculture plus extensive.
Des études ont évalué que la réduction de 50 % de l’utilisation d’engrais conduirait à une diminution de 20 % de la production agricole. Il est à noter que cette évolution diminuerait, la dépendance énergétique nationale, le pillage des ressources minérales de notre planète et les pollutions liées à l’agriculture intensive.
Abordée sous l’aspect économique, la situation est franchement catastrophique ! Le coût de production d’un litre de Diester est évalué à environ un Euro.
Pour être compétitif avec le fuel, il est nécessaire de le subventionner pour que son prix soit ramené aux environs de 15 centimes d’Euro ! Comme il faut presque deux litres de pétrole pour produire 3 litres de ce " fuel vert " , il faut multiplier cette aide par trois pour connaître l’aide apportée par litre net produit. Ce qui conduit à une aide de plus de 2,2 Euros par litre net produit, soit le prix d’une bonne bouteille de vin !!!
Il s’agit bien de faire de fausses richesses avec de vraies subventions.
Pour favoriser le développement des énergies renouvelables, de nombreuses autres pistes existent avec une meilleure efficacité énergétique, économique, sociale et écologique...
S’il existe " des lobbies du pétrole et des fabricants de voitures ", il existe aussi un lobby agro-industriel qui se soucie plus de la culture des subventions que d’environnement et des demandes sociétales."
NB : Il y a deux filière de production de biocarburants :
huiles végétales et dérivés extraits du colza ou du tournesol,
éthanol produit à partir de betterave ou de blé.
Ils ne peuvent être utilisés seuls et doivent être mélangés en petites quantités à l’essence, les moteurs n’ayant pas été conçus pour celà.
"Quant à leur bilan énergétique, il ne se mesure pas uniquement au tonnage de CO2 évité et il s’avère bien plus lourd quand il comprend toutes les consommations énergétiques intermédiaires qui permettent de passer de la plante au carburant.
A savoir, l’énergie nécessaire à la production des engrais, à l’utilisation d’engins agricoles pour la culture et la récolte, aux moyens de transports, et enfin aux traitements après la récolte. « La véritable solution pour réduire notre dépendance au pétrole reste d’en consommer moins ».(selon Libération du 2/3/2006).
