BESANCON. Nouvelle route et protection des oiseaux : un exemple à ne surtout pas suivre !



Les effets des baies vitrées sur les oiseaux sont connus. Une baie vitrée représente souvent un obstacle que l’oiseau ne perçoit pas. La collision est alors inéluctable avec comme corollaire dans le meilleur des cas un coup de massue, dans le pire la mort instantanée suite au choc violent.

« Des estimations faites aux USA donnent à réfléchir : là-bas, plus d’oiseaux meurent suite aux collisions avec des surfaces vitrées que lors des pires accidents de bateaux pétroliers. Avec toutefois une différence : cela se produit tous les jours ! Les collisions mortelles contre les vitres constituent donc l’un des plus grands problèmes de protection des oiseaux de notre monde civilisé » (extrait de la brochure « Les oiseaux, le verre et la lumière dans la construction » publiée en 2008 par la Station ornithologique suisse de Sempach).

De telles baies, en réalité des parois anti-bruits, ont été montées récemment le long de la voie des Mercureaux près de Besançon, qui doit être ouverte très prochainement à la circulation.

Le choix du bling-bling plus que du résultat..

Pour remédier à l’effet de transparence induit, des silhouettes d’oiseaux ont été posées sur avis et recommandations du service Infrastructures, Mobilité et Transport de la DREAL en lien avec le service Biodiversité, Eau et Paysages.

Si esthétiquement, un tel agencement peut se concevoir, fonctionnellement, c’est une bêtise que le porteur de projet aurait pu largement éviter sachant que les réponses sont connues et ont fait leur preuve : http://www.windowcollisions.info/public/leitfaden-voegel-und-glas_fz.pdf En, effet, ces silhouettes peuvent présenter un rôle sur des vitres de petites dimensions mais sont foncièrement inutiles sur de larges et grandes surfaces vitrées comme on le voit sur le cliché ci-après. On distingue ainsi parfaitement en arrière plan l’autre rive du Doubs qu’un oiseau cherchera irrémédiablement à rejoindre (en vol) à ses risques et périls.

La solution, certes sans doute moins esthétique aux yeux d’un aménageur mais au combien plus fonctionnel, consistait tout bonnement à fixer sur la paroi des bandes verticales ou horizontales à large pouvoir couvrant particulièrement adaptées pour rompre le phénomène de transparence.

Qu’on se le dise, face au diktat des aménageurs l’avifaune n’a qu’à bien se tenir !




  • Les oiseaux, le verre et la lumière dans la construction

    7.3 Mo