Après le délit de sale gueule, voici maintenant le délit de sale bec !



Le 17 mars 2006, la CPEPESC apprenait par voie de presse qu’un Cygne tuberculé Cygnus olor avait été abattu la veille au soir, sur le lac Saint-Point, par un garde-chasse particulier au motif que cet individu présentait "un état de faiblesse avancée ".

Vraisemblablement sur fond de grippe aviaire... Les analyses effectuées sur cet animal se sont avérées négatives ! L’animal n’était pas porteur du virus H5N1, pas plus que les 43 cadavres d’oiseaux transmis au laboratoire départemental depuis le début de la surveillance de la grippe aviaire dans le département du Doubs (Est Républicain du 21 mars 2006).

La CPEPESC considère cet acte comme une dérive inacceptable car, en l’absence de cas avéré de grippe aviaire en Franche-Comté, le doute doit toujours bénéficier aux oiseaux.

De quel droit un garde-chasse pourrait-il décider d’une euthanasie ? Non seulement il n’est pas fondé à le faire (un pompier vétérinaire éventuellement !) mais en plus il n’est pas à même d’interpréter des symptômes. Tels que nous avons connaissance des faits, il s’agit d’une destruction volontaire et caractérisée d’une espèce protégée, le Cygne tuberculé bénéficiant d’une protection intégrale sur l’ensemble du territoire national.

Cet acte constitue le symptôme d’une remise en cause plus générale de la notion d’espèce protégée de nouveau mise à mal sous prétexte de H5N1.


cpepesc. Besançon, le 24 mars 2006.