1. Alimentation


Des chasseurs spécialisés

Pour se nourrir, la chauve-souris utilise tous les avantages mis à sa disposition : ses ailes et son système auditif perfectionné. Les informations décryptées par son appareil auditif lui permettent de déterminer avec précision la vitesse, la consistance, la taille et la distance de ses proies. Ainsi, un objet situé à une distance de 15 cm renvoie à l’animal un écho qu’il capte 1/1000e de seconde plus tard. Ses ailes, utilisées comme un filet, permettent de diriger vers sa bouche l’insecte convoité.


Pour faire la distinction entre les cris qu’ils lancent et leur écho fortement atténué, les microchiroptères disposent de cellules nerveuses très spéciales : les écho-détendeurs. Étrangement, ces récepteurs sensoriels ne réagissent qu’aux sons de faible intensité. L’animal ne se laisse donc nullement perturber par les sons parasites et se concentre uniquement sur l’écho de ses propres émissions.

Les invertébrés, et en particulier les insectes, constituent le menu principal des Chiroptères vivant en Franche-Comté. Le Murin de Daubenton se nourrit aussi quelquefois de petits poissons. La dentition redoutable des chauves-souris, leur permet de dévorer les carabes, dont les parties chitineuses sont délaissées.

Les terrains de chasse varient au cours de l’année : ce sont les biotopes de transition qui présentent les meilleurs garde-manger : les haies, les cours d’eau, les lisières de forêts. Les vallées alluviales et la bordure des premiers plateaux du massif jurassien offrent ainsi des paysages variés fortement attractifs pour l’approvisionnement des animaux.

La quantité d’insectes ingurgitée par la chauve-souris peut atteindre une consommation égale à la moitié du poids de son propre corps. Le volume de leur estomac peut contenir le quart de leur propre poids. C’est un véritable insecticide naturel !

Une colonie d’une centaine de Grands murins mange l’équivalent de 4 000 Coléoptères chaque nuit, soit environ 100 kg d’insectes en une saison !