Agriculture et écologie à l’heure de la PAC



D’artisanale, l’agriculture française est devenue quasi industrielle en moins d’un demi siècle sous la contrainte économique de la Politique Agricole de l’Union Européenne. Les productions (céréales, élevage, maraîchage,..) ont été multipliées sans grande préoccupation pour les milieux naturels leurs servant de supports : territoires remembrés, assainis ou drainés, milliers de kilomètres de haies arrachées, plus de 50% des zones humides asséchées ou remblayées, eaux souterraines polluées par les pesticides et les engrais, diversité faunistique et floristique dégradée, eaux du robinet menacées par les biocides ou les nitrates, rivières et rivages marins envahis par les algues…

Mais aussi des milliers de petites exploitations disparues, avalées par des unités à taille industrielle et à la seule logique productiviste… Logique aussi la désertification actuelle du monde rurale, la perte des repères naturels par les agriculteurs. La Politique Agricole Commune (PAC) est beaucoup plus qu’eux responsable d’une situation écologiquement et humainement catastrophique. Trop longtemps on s’est refusé à pratiquer une agriculture respectueuse à travers ses pratiques et ses productions des équilibres naturels. Ainsi l’agriculture biologique n’a jamais été sérieusement soutenue et a même été parfois contrecarrée par les politiques et les chambres d’agricultures.

« Le coup est-il rattrapable ? »

On a tellement « ensemencé » la conscience agricole avec l’obsession du rendement et encouragé à coup de subventions la « casse » de la nature, que l’on peut légitimement s’interroger sur les chances de succès d’un nouvel « ordre moral » agricole proposé à l’aide de carottes subventions mais aussi du bâton du contrôleur administratif.

D’un autre coté, certains pensent que ce que la PAC a réussi à obtenir de l’agriculture au plan économique, elle peut aussi l’obtenir au plan écologique en conditionnant l’obtention des aides financières aux agriculteurs à la mise en œuvre de pratiques respectueuses de l’environnement.

Il faut tout faire pour que la mise en œuvre par l’agriculteur des pratiques plus écologiques ne soit pas motivée par la conditionnalité des aides. Elle doit aussi s’accompagner d’une conscientisation sérieuses des agriculteurs pour que ce métier redevienne l’un des plus beaux métiers de la planète.


En savoir plus sur les pollutions agricoles.