Abattoirs sadiques : Peut-on croire aux promesses de nouvelle réglementation et nouveaux outils d’inspection ?



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A la suite des affaires révélées par l’association L 214 des cruelles maltraitances exercées sur les animaux lors de leurs mises à mort dans plusieurs abattoirs français, le Gouvernement a annoncé fin avril 2016 des mesures. Mais celles-ci semblent bien timides face à l’horreur de ce qui se passe dans ces affreux couloirs de la mort.

Le communiqué suivant a été publié par la Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre) :

« Aujourd’hui, les actes de mauvais traitements sur les animaux ne sont réprimés que par des contraventions mais, dans le cadre du plan d’action en faveur du bien-être animal, le ministère de l’Agriculture a annoncé qu’ils seraient requalifiés en délits.

D’autre part, une nouvelle version des outils d’inspection des abattoirs par les services vétérinaires est entrée en vigueur, visant à harmoniser les pratiques et les évaluations des inspecteurs.

La sécurité sanitaire des aliments et la protection animale sont des missions de l’État assurées sous l’autorité des Préfets, par les agents des directions départementales en charge de la protection des populations (en abattoirs par leurs agents des services vétérinaires d’inspection). Leurs missions sont les suivantes :

- contrôler l’application de la réglementation relative à la sécurité sanitaire des aliments (vérification notamment de la bonne santé des animaux abattus destinés à la consommation) ;

- s’assurer que l’abattage est conduit de manière à bien traiter les animaux avant et pendant l’abattage selon la réglementation en vigueur. Il s’agit notamment de l’organisation des locaux (par exemple la largeur du couloir d’amenée vers le poste d’étourdissement qui doit aller en rétrécissant pour, à la fin, canaliser les animaux un par un), contrôle des pratiques d’étourdissement, planification du travail pour éviter toute attente inutile aux animaux...

Le mois dernier, le ministère a demandé à ce que tous les abattoirs de boucherie fassent l’objet d’une inspection spécifique sur le thème de la protection animale pour qu’un état des lieux puisse être réalisé dans ce domaine ». (Source)

Et toujours pas de transparence.

Hormis l’annonce de requalification des infractions en délit, et qui d’ailleurs reste à concrétiser, le communiqué n’ajoute rien de bien nouveau à ce que les inspecteurs vétérinaires avaient déjà pour mission de faire dans les abattoirs…

On aurait pu espérer que ces usines de mise à mort soient pour le moins soumises à l’avenir à vidéosurveillance permanente et que des référents d’associations de protection animale puissent venir s’y assurer ponctuellement de visu que les règles minimum d’humanité et les lois de protection animale y sont bien respectées. Comment encore faire confiance aux exploitants et aux autorités après les abominables dérives sadiques révélées ?

De même il serait indispensable que des mesures strictes d’encadrement des « abatteurs » œuvrant dans ces établissement soient mises en place, et notamment de leurs suivis mentaux et psychologiques.

De vraies décisions restent à prendre

La création en mars à l’Assemblée nationale d’une commission d’enquête sur les abattoirs validée en Commission des affaires économiques devrait peut-être contribuer à faire bouger les lignes sur les conditions d’abattage indignes qui perdurent depuis trop longtemps.

La France doit par ailleurs faire respecter le Règlement (CE) n° 1099/2009 du Conseil du 24 septembre 2009 en vigueur sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort.... L’article 23 de ce règlement exige que " Les États membres établissent les règles concernant les sanctions applicables aux violations du présent règlement et prennent toutes les mesures nécessaires pour assurer leur application..."

Selon une étude de l’UE réalisé en décembre 2015 et publiée en mars, 98 % des Français considèrent le bien-être des animaux d’élevage comme important ou très important, 88% des Français estiment que ce bien-être devrait être mieux protégé et 72% souhaitent plus d’information sur la façon dont ils sont traités.

Au plan individuel, on peut aussi manger moins de viande ou même, plus tout. C’est également très bon pour la planète.(*) Nous sommes tous responsables de ce qui se passe en amont de nos assiettes !


NDLR :

L’impact de l’excès grandissant de consommation de viande est un gaspillage de plus en plus dangereux pour la planète. Par exemple la production d’un seul kg de protéines de viande de bœuf nécessite 15kg de protéines végétales !

Liens intéressants consultables :

- Les protéines végétales : une alternative à la viande

- Protéines animales ou protéines végétales, quelle est la différence ?