ARBOIS : Les effets d’un déversement à l’égout en 2010 de pesticides au dichloropropane perdurent toujours et retardent la procédure judiciaire.



JPEG - 718.1 ko

L’origine de la pollution remonte à septembre 2010 (voir notre article), quand Camille LOYE, un ancien vigneron, a déversé du vieux produits de traitement fongicides au dichloropropane (désormais interdit) dans le regard de sa cave. Le produit toxique a gagné le vieux réseau des dalots aujourd’hui à l’abandon, et répandu des vapeurs dangereuses sous tout le quartier et jusque dans les maisons, obligeant leurs habitants à quitter les lieux pour être relogés ailleurs, certains durant de nombreux mois. On ne connaît pas la quantité de produit déversée, le seul élément étant le bidon vide retrouvé peu après, d’une capacité totale de … 200 l ! Or on sait qu’un volume de quelques millilitres suffit à polluer des quantités d’air énormes.

Lors d’une réunion publique le 23 février 2012, on a appris que la pollution au dichloropropane, était loin d’être terminée et a connu un nouveau pic dans deux maisons du quartier du Petit Changin, à Arbois.

Une ventilation durable pour une pollution durable

Suite à cet acte inconsidéré, la commune avait fait effectuer dans les quinze jours au curage du réseau par une buse hydraulique, mais le dichloropropane s’était déjà infiltré dans le sol ; c’est pourquoi des émanations s’échappent encore des regards dans certaines caves, obligeant les habitants à faire fonctionner en continu des ventilations (installées par l’ARS), afin que l’air des maisons soit respirable sans dommage pour la santé.

Selon un communiqué du 23 février 2011, de l’Agence Régionale de la Santé les résultats des analyses d’air sont maintenant « satisfaisants » dans les habitations. Mais il faut remarquer que ces résultats ne sont obtenus qu’artificiellement grâce aux extracteurs d’air placés dans ces habitations. Par le transit et évacuation d’un grand volume d’air, ils permettent un abaissement de la concentration de dichloropropane de l’air ambiant :

« Les résultats reçus le 21 février au soir sont satisfaisants, avec des concentrations de 1,2 Dichloropropane comprises entre 2,1 et 10,8 microgrammes par mètre cube d’air. Ces valeurs sont de nouveau très proches de la valeur guide sanitaire de la CIRE (3 microgrammes par mètre cube d’air), et confirment l’efficacité des extracteurs d’air. L’ARS insiste sur la nécessité de maintenir désormais ces ventilations en fonctionnement de manière durable, l’importance pour la santé à long terme étant la qualité de l’air respiré dans les maisons et non la présence résiduelle et dispersé de polluant dans les sols. Ce type de solvant complexe va se dégrader lentement dans la terre sur plusieurs années (sa demi-vie est de 6 mois à 2 ans), et il n’est ni possible ni utile de réaliser des travaux d’extraction sous le quartier du Petit Changin ». (Extrait du Communiqué de l’ARS.)

Pour procéder aux dernières analyses de l’air provenant des canalisations souterraines, les 9e depuis septembre 2010, l’ARS avait fait stopper les ventilations pour procéder à des analyses d’air. Ces analyses, faites en janvier 2012, devaient être les dernières, car elles étaient menées pour confirmer la disparition totale du polluant et ainsi mettre fin à l’angoisse des habitants du quartier du Petit Changin.

Malheureusement, à la stupéfaction générale, les taux de dichloropropane mesurés sont restés les mêmes qu’au départ ! Le produit en cause se dégradera très lentement par la conjonction de la lumière, des bactéries et des réactions physico-chimiques. On croyait sa demi-vie de 6 mois à 3 ans, il est probable que ces estimations soient à augmenter…

La présidente de Cuisance Nature Environnement, Mme Giroud, a souligné que géologiquement, les couches du sol, argileuses et calcaires, retiennent la pollution et la restituent plus ou moins rapidement, selon l’humidité, la température… Un intervenant a confirmé que seul un curage complet du sol, qui obligerait à démolir les maisons, pourrait accélérer la dépollution des lieux. Dans le cas contraire, la seule chose à faire est donc d’attendre.

La pollution des milieux n’a pas été abordée durant la réunion. La CPEPESC a porté plainte, indépendamment de celle déposée par les victimes, pour pollution du milieu naturel par déversement de produit toxique dans des canalisations, produit interdit de surcroît.

Le maire a affirmé que le pollueur a reconnu une pollution involontaire, et a signé sa déposition en se sens. L’ARS procédera à de nouvelles analyses en mars prochain dans toutes les habitations du quartier.

Un exemple qui devrait servir d’avertissement

L’association ne peut que rappeler que de nombreux produits, actuellement en vente libre, sont des polluants potentiels dangereux et très toxiques pour l’environnement, en particulier pour les eaux superficielles et souterraines, mais en premier lieu pour l’air intérieur des maisons.

Regardez de plus près les étiquettes des produits chimiques, désherbants et autres,

qui se trouvent probablement dans vos placards, et surtout, ne les déversez jamais dans les canalisations ou l’environnement ! Si vous n’en avez plus l’usage, déposez-les en déchetterie.

.

Pour en savoir plus sur le Dichloropropane :

- Fiche toxicologique du 1,2-Dichloropropane sur le site de l’INRS

- Et à titre indicatif pour sa clarté la fiche Dichloropropane du répertoire toxicologique de la CSST du Québec