22 mai - journée mondiale de la Biodiversité : et les chauves-souris boostent les forêts ...


Depuis le 19 mai, une Conférence mondiale sur la biodiversité (Bonn, 19-30 mai 2008), organisée par la Convention sur la diversité biologique (CDB) s’ouvre en Allemagne avec la participation de représentants de quelque 190 pays ainsi que d’organisations internationales.

Or, une étude récente, menée par des scientifiques allemands, propose de faire appel à une main d’œuvre simple et peu coûteuse : des chauves-souris pour reboiser les forêts tropicales !

Dans cette étude publiée en ligne [1] sur le site de la revue Conservation Biology, ces scientifiques détaillent cette méthode.

Ce milieu arboré est en effet d’une importance écologique mondiale : la forêt tropicale abrite une grande partie de la biodiversité du monde. C’est également un milieu menacé par la déforestation industrielle, en dix ans la forêt amazonienne a ainsi perdu l’équivalent d’une surface grande comme la France. Les arbres sont généralement remplacés par des cultures rapidement laissés à l’abandon (les sols deviennent stériles en quelques années). Or, ces vastes étendues ouvertes ne sont plus accueillantes pour les oiseaux ou les petits mammifères qui ne peuvent y trouver d’abris. Du coup, la régénération de la forêt est entravée par un manque de semences naturelles normalement introduites par la faune locale.

Or les chauves-souris pourraient résoudre ce problème. En effet, les chiroptères sont capables de couvrir de grandes distances, se nourrissent de fruits et de nectar, ce qui en fait une espèce clé pour la dissémination des graines et la pollinisation des fleurs. Les propositions sont assez simples :
- installer des gîtes artificiels (nichoirs) dans ces clairières en friche pour inciter la fréquentation de ces zones déboisées afin de favoriser le ré-ensemencement en espèces pionnières.

Selon les scientifiques allemands après quelques essais menés sur place (au Costa-Rica notamment), les chauves-souris peuvent transporter jusqu’à 60 espèces de graines différentes parmi lesquelles des espèces pionnières qui représentent les premières étapes de la réhabilitation de la forêt.

Et pendant ce temps là en France métropolitaine, certains organismes n’ont toujours pas intégré la prise en compte de ces petits mammifères dans leurs projets (Tunnel du Bois Clair en Saône-et-Loire par ex.).



[1] Effects of Artificial Roosts for Frugivorous Bats on Seed Dispersal in a Neotropical Forest Pasture Mosaic de DETLEV H. KELM, KERSTIN R. WIESNER AND OTTO von HELVERSEN